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De l’eau pour tous au Bénin

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Бенин
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UNDP
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UN CALVAIRE QUOTIDIEN

L’eau potable est un élément essentiel au bien-être des populations. Et pourtant, la consommation domestique journalière des ménages dans certains milieux ruraux au Bénin ne dépasse guère 30 litres.

Angèle Zodjilou, mère de cinq enfants, raconte le calvaire que vivent les femmes du village de Tatonougo, dans la région des collines au centre du pays :

« Nous n’avons qu’un seul puits qui dessert tout le village. Pendant la saison sèche, chaque ménage n’a droit qu’à une bassine d’eau de 30 litres pendant trois jours. Parfois, nous sommes obligés d’aller jusqu’à Savalou, à des kilomètres d’ici, pour laver notre linge et ramener un bidon d'eau. »

En 2014, le taux d’accès à l’eau potable était de 68,1% au Bénin. Mais ce chiffre cache de fortes disparités entre les différentes régions du pays.

En milieu rural, le manque d’eau potable pose de nombreux problèmes. Les enfants sont affectés par des maladies hydriques comme la diarrhée et le choléra. Les filles abandonnent l’école pour parcourir chaque jour des kilomètres à la recherche d'eau.

Même en milieu urbain, l’eau potable se fait rare en saison sèche. C’est le cas de la ville de Glazoué, où pendant des mois, aucune goutte d’eau ne sort du robinet. Les habitants sont obligés de recourir aux forages et aux adductions d’eau des villages. Mais pour Véronique, agricultrice et mère de six enfants, ce n'est pas la panacée :

« Les rares puits creusés se tarissent vite. Il faut se réveiller à l’aube pour aller faire la queue, et revenir avec une bassine de 25 litres que doit utiliser toute la famille. »

UN ACCÈS ÉQUITABLE ET DURABLE

Pour régler ce problème, le gouvernement du Bénin a lancé le Programme National d’Alimentation en eau potable en milieu rural. Démarré en janvier 2016 avec l’appui du PNUD, celui-ci a comme objectif de faire passer le taux de desserte d’eau potable en milieu rural à 70% en 2017, et de contribuer à la réalisation de l'Objectif de développement durable 6, en lien avec le Programme d'action du Gouvernement 2016 - 2021.

Plus de 300 villages dans 54 communes sur les 77 que compte le pays seront ainsi équipés de pompes à motricité humaine, alimentant près de 80 000 personnes. Les zones frontalières du Bénin avec ses voisins ont été privilégiées, en particulier les établissements scolaires et centres de santé.

La gestion financière et matérielle du programme a été confiée au PNUD, qui s’est chargé de l’identification des sites et de la sensibilisation des populations, des études d’implantation et du contrôle technique des travaux.

Après 15 mois de mise en œuvre, en mars 2017, 244 forages avaient déjà été réalisés.

LA COMMUNAUTÉ S’INVESTIT

Des séances de sensibilisation sur les règles d’hygiène à observer autour des points d’eau sont organisées au profit des populations, qui jouent aussi un rôle important dans l’entretien et la maintenance des pompes. Les habitants cotisent et versent chaque mois une somme de 5000 Fcfa (environ 50 dollars EU) à la mairie. L’argent sert à acheter des pièces de rechange et à faire les réparations.

ÉVITER LES CONFLITS

A Tatonougo, où les habitants avaient divisé le village en deux parties pour éviter les conflits, chacune ayant le droit de puiser de l’eau pendant deux jours d’affilée seulement, c’est un grand soulagement d'avoir enfin de l’eau potable à volonté.

« Apporter de l’eau est un élément de dignité humaine que nous ne pouvons qu’accompagner » - Siaka Coulibaly, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Représentant Résident du PNUD au Bénin.